La musique traditionnelle
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"Le paysan auvergnat chante à toute heure et partout, au travail, aux veillées, aux danses et c'est merveille de voir comme il est friand de musique ", écrivait Henri Doniol au milieu du XIXe siècle.

L'Auvergne est connue pour sa culture musicale, notamment au niveau de la musique à danser.
Les instruments de prédilection d'Auvergne sont la cabrette, le violon, la vielle à roue et l'accordéon diatonique.

Comme la généalogie, le folklore surfe sur la vague du retour aux racines et puise son répertoire dans les provinces d'Ancien Régime. Les festivals folkloriques se multiplient et rencontrent le succès, tout comme les marchés de pays qu’animent les bourrées.
A la fin du XIXe siècle, la bourrée suit les immigrés de l’Aubrac et d’Auvergne dans la Capitale. Autour de la Bastille, ça chauffe dans les arrières salles des cafés-charbons de la rue de Lappe.
Les danses permettent de continuer la chaîne traditionnelle qui, de génération en génération, rattache la jeunesse actuelle à nos lointains ancêtres.

La danse traditionnelle de Haute Auvergne est incontestablement la bourrée sous toutes ses formes.
La bourrée nous a été transmise par les ancêtres avec un grand nombre d'airs chantés accompagnant la danse.
Quelles que soient les figures, la bourrée réunit hommes et femmes en une danse exprimant la quête amoureuse.


Les 3 gravures ci-dessous nous montrent que nos ancêtres aimaient danser :

En ce temps là, alors qu’on ignorait la radio et la télévision, à la ville comme dans les campagnes, l’un des moyens de se retrouver et de communiquer, c’était de danser. La bourrée était alors un acte social.

Ci-dessous une vidéo amateur nous montrant différentes danses réalisées par un groupe folklorique de la région :


LA CABRETTE

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Parmi les instruments traditionnels de l'Auvergne, la cabrette a surtout régné dans le département du Cantal.
Cet instrument fait partie de la famille des cornemuses.
Son nom vient de son outre ou sac, fabriqué en peau de chèvre et qui émet un son vif et aigu
.

La cabrette peut se jouer à la bouche ou avec un soufflet.

De nos jours, les cabrettaires se servent généralement du soufflet, ce qui a l'avantage de ne pas les fatiguer, d'obtenir un son plus ou moins aigrelet mais aussi très perçant.

Toutes les parties de la cabrette sont faites de matériaux nobles : buis, ébène, ivoire ou os pour les boîtes, bois exotiques raffinés pour le pied, cuir et velours pour l'outre et chaque instrument est l'objet d'un travail très soigné et extrêmement rigoureux.

La cabrette (en patois la " Tsabro ") est une des cornemuses du centre dont l'histoire se mêle à la montée des auvergnats à Paris. Dans sa forme actuelle, elle remonte à la moitié du XIXe siècle et se présente en trois parties :

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  • Le sac, outre en peau ( souvent de chèvre d'où son nom ) recouverte d'un tissu généralement en velours frappé, parfois frangé d'or, qui retient l'air et permet un jeu continu de l'instrument.

  • Le pied, qui comporte trois parties :
    Le hautbois ( cornel, ou chalumeau ), sert à faire la mélodie. Le son du hautbois est particulier du fait de la perce intérieure, du type d'anche double (qui émet le son), du doigté du musicien et du style de jeu propre à l'instrument.
    Le tuyau d'accompagnement appelé " bourdon ", " brounjedou " ou encore " roudinaire " lorsqu'il a une perce cylindrique surmontée d'une anche battante, et "chanterelle" lorsqu'il a une perce conique surmontée d'une anche double.
    Le boîtier relie ces deux dernières parties au sac, permettant ainsi l'interchangeabilité des pieds (donc des tonalités).
    Il est souvent décoré d'un motif en ivoire ou en bois sculpté pouvant être une tête d'animal ou une tête humaine.

  • Le soufflet : Il n'est pas à attribuer uniquement à la cabrette et encore moins à l'invention d'un auvergnat car nombre de cornemuses l'utilisent en Europe.

La cabrette peut se jouer à la bouche ou avec un soufflet.

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De nos jours, les cabrettaires se servent généralement du soufflet, ce qui a l'avantage de ne pas les fatiguer, d'obtenir un son plus ou moins aigrelet mais aussi très perçant.

Toutes les parties de la cabrette sont faites de matériaux nobles : buis, ébène, ivoire ou os pour les boîtes, bois exotiques raffinés pour le pied, cuir et velours pour l'outre et chaque instrument est l'objet d'un travail très soigné et extrêmement rigoureux.

La cabrette laisse aujourd'hui de nombreuses traces (enregistrement, photographies, témoignages...) devant servir à la compréhension et à l'utilisation actuelle de l'instrument.


Pour illustrer cette description de la cabrette, nous vous proposons dans la vidéo ci-dessous d’entendre un air joué à la cabrette par Jean-François COTO.Le chant est un hommage à son père.


(Merci à Anthony BORDIEC pour la réalisation de cette vidéo).


L'ACCORDEON

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C'est un instrument à vent de la famille de l'orgue, qui possède un soufflet mû à la main et un ou deux claviers, dont le jeu déclenche des soupapes auxquelles correspondentdes anches libres qui vibrent au passage de l'air.

A la fin du XIXème siècle, dans les arrière-salles des cafés parisiens, la cabrette faisait danser les natifs du Massif Central mais aussi, par la suite, les parisiens eux-mêmes. Ainsi naquit le bal « musette ».
Puis elle s’associa à l’accordéon, introduit par les immigrés italiens. Mais l’association tourna court et l’accordéon, diatonique d’abord, chromatique ensuite, continua en solo, au grand dam des « cabrettaires », ou joueurs de « musette », nom qui qualifia pourtant le futur style d’accordéon authentiquement parisien qui connut le succès que l’on sait.
Cependant le couple accordéon-cabrette gagna le Massif Central, où il fut adopté malgré son origine parisienne.


LA VIELLE

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Instrument à cordes mélancoliques et rythmiques, la vielle est à rapprocher du violon pour son principe sonore.
Là, l'archet est remplacé par la roue qui frotte les cordes et le manche par un clavier.
Des cordes supplémentaires servent à l'accompagnement ( bourdon ) et à la rythmique ( corde du chien ). Le chien est un chevalet mobile vibrant sur la table lors du coup de poignet.

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C'est en se servant d'une manivelle que le vielleux actionne la roue à demi-enchassée dans la caisse et protégée en surface par une bande cintrée en bois léger.
Cette roue touche les cordes lorsqu'elle tourne et les fait vibrer. Tout l'art du vielleux est dans le rythme du coup de poignet (plus ou moins long ou saccadé ) donné à la manivelle, qu'il complète par les notes tirées sur le clavier avec la main gauche
.

Les vielles présentent en général une grande richesse de décoration, incrustations d'ivoire, d'ébène, de turquoise; La nacre y entre aussi pour une grande part de même que la gravure avec des rinceaux de feuillage parfois rehaussés de couleurs.

Sa popularité s’explique par la souplesse de son utilisation : elle permettait de jouer une mélodie et son accompagnement rythmique. Ne nécessitant pas de souffle, elle offrait la possibilité aux vielleux de s’accompagner de la voix. 


Associée à la cabrette, la vielle convenait parfaitement pour faire danser et conduire les cortèges à l’écart de la musique savante.
Elle sera concurrencée puis supplantée par l’accordéon diatonique qui peut jouer les musiques à la mode.


LE VIOLON

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Contrairement à ce qui est souvent pensé, le violon est l'un des instruments populaires les plus répandus sur les monts d'Auvergne. La musique de violon s'est en partie maintenue grâce à son intimité, lors des veillées, de fêtes familiales ou de villages.
Les musiciens commençaient à apprendre le violon entre 8 et 15 ans.
Dans les mémoires est encore présente l'histoire de violoneux réputés qui servirent de modèle à nombre de jeunes amateurs.
Le violon était très répandu dans la Vallée du Mars.

Dans le journal « le courrier d’Auvergne » du 8 juillet 1899, on peut lire :

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Photo 1

Photo 2

Photo 1 : Ici, au FALGOUX, M. PETIT dit "La Canotte", le violoneux fait danser la bourrée sur la place de l’église.
Nous sommes ici devant l’hôtel BORNE. Sur le pas de la porte se tiennent Mme BORNE et sa servante en tablier blanc. M. BORNE Antonin, son mari est facteur et est attablé avec le cantonnier. A côté de lui, M. FAUX avec son enfant.

Photo 2 : Une autre carte postale témoigne de la popularité des violoneux au FALGOUX.
La photo a été prise devant chez "Mimi Queuille", lieu de réunion très fréquenté autrefois et le "violoneux" serait M. PETIT dit "La Canotte"
.


Des enquêtes ont été effectuées sur les violoneux du Massif Central et particulièrement dans la vallée du Mars.
Source : http://www.crmtl.fr/spip.php?article132

Il a été recensé comme violoneux :
M. PETIT dit La Canotte à La Marethie du Falgoux (décédé à la fin des années 1960).
Deux violoneux au Vaulmier décédés dans les années 60/65 : Messieurs CHAVAROCHE et DUMAS,
M.NICOLE (Le Falgoux) ,capitaine des pompiers (décédé en 1977/1978).
Augustin LAMARCHE à Malprade, M.CHAVANAC aux Aldiéres (tous les deux décédés en 1977), et Gustave YTHIER du FALGOUX.

Monsieur Olivier DURIF se souvient de ses rencontres avec Gustave YTHIER en 1977, 1978 et 1979.
Dans son livre « Musiques des Monts d’Auvergne et du Limousin » paru chez Actes-Sud en 1998, il lui a consacré un chapitre «c’est en forgeant qu’on devient violoneux»

Il existe un enregistrement de Gustave YTHIER, datant de mars 1978 où il joue quelques morceaux de son répertoire, parle de ses prédécesseurs et évoque la danse en ronde du passé.
Une copie de ces bandes (sur cassette) se trouve à l'IEO-Cantal et aux archives départementales.
Bandes et cassettes sont accompagnées de fiches détaillant le contenu.

Le père de Gustave YTHIER jouait également du violon, mais c’est lui et sont frère qui furent les héritiers spirituels de la musique du grand-père.
Forgerons tous les deux, c’est Gustave qui tiendra le flambeau de la musique dans les bals et les noces de la vallée du Mars.